• 06/11/2012 15:33 Billet Experts

    Zoom sur Elfsborg, champion de Suède

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    L’IF Elfsborg a tout de la success-story. Ce club de Borås, quatorzième ville suédoise seulement en nombre d’habitants a déjà remporté six titres de champion d’Allsvenskan, la première division suédoise. Les premiers ont été glanés dans la deuxième moitié des années 30, là où le club dominait le football suédois. L’une des plus grandes fiertés des supporters d’Elfsborg, outre les trois titres (1936, 1939,1940) reste la victoire sur la sélection suédoise, lors d’un match amical d’inauguration de l’enceinte Ryavallen en 1941.

    Si le club aura du mal à retrouver une période aussi faste, il s’emploie depuis des années à construire un projet ambitieux sur le long terme, certainement l’un des plus excitants en Suède, là où les gros clubs ne pensent qu’au court terme, et se retrouvent souvent avec des difficultés financières héritées d’une ambition démesurée. Ces dernières années, Malmö, Djurgården, Hammarby et l’AIK Solna ont alterné les titres et les périodes de déclin, suite à des erreurs économiques.

    Elfsborg a tout d’abord commencé par les fondations : le stade. Grâce au soutien financier de la municipalité de Borås, qui a bien compris que les succès du club engendreraient des retombées médiatiques et économiques, le club a pu se doter à moindres frais d’un stade flambant neuf de 17000 places en 2005. Il était alors le stade le plus moderne en Suède et possédait une pelouse synthétique de grande qualité, lui permettant de jouer dans des conditions acceptables, aussi bien en mars qu’en plein mois de juillet.

    L’année suivante, Elfsborg a gagné le titre de champion de Suède. Un titre qui est arrivé plus vite que prévu mais qui a donné des certitudes au projet des dirigeants d’Elfsborg qui ont maintenu le cap, sans s’affoler ou vouloir accélérer trop vite après ce succès. Un autre point crucial s’est déroulé l’hiver dernier avec le départ de l’entraîneur Magnus Haglund en Norvège (Lillestrøm). Les dirigeants des « jaunes et noirs » ont pris leur temps et ont nommé Jörgen Lennartsson, plus connu que son prédécesseur  car il a longtemps travaillé avec les jeunes joueurs, d’abord à Helsingborg, puis avec la sélection suédoise espoirs. Un entraîneur qui correspondait alors parfaitement à l’esprit du club, s’appuyant sur son centre de formation.

    Lennartsson a mis au placard le traditionnel 4-2-3-1 d’Haglund et est passé à un basique 4-4-2 cette saison. Le vrai point fort d’Elfsborg est son milieu de terrain, mêlant technicité, vivacité, fougue et expérience. A droite, Stefan Ishizaki est le joueur de la saison. Il l’a terminée en étant meilleur buteur (6) et meilleur passeur (10) de l’équipe, et il allie les quatre qualités décrites ci-dessus. Son pendant à gauche a été lui aussi très performant et a confirmé ses bons matchs de la saison passée. Même s’il n’a pas joué les deux derniers matchs à cause d’une grosse blessure à la cuisse (absence de 4 mois), Niklas Hult a multiplié les débordements, les centres et les percussions. Au centre du milieu de terrain, la doublette Hiljemark-Svensson est un régal pour les yeux : très techniques, ces milieux se projettent vite vers l’avant. Leur qualité de passe est au-dessus de la moyenne suédoise et ils ont une bonne vision du jeu. Ils ont marqué 8 buts et délivré 6 passes décisives à eux deux. Le jeune Hiljemark a beaucoup appris aux côtés du vétéran Svensson, 36 printemps et auteur d’une saison magnifique.

    Ishizaki et le but de l’année 2012

    Comme le milieu de terrain est le secteur le plus fourni, Johan Larsson est passé d’ailier droit à latéral droit avec Lennartsson. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en est bien sorti, même si son attirance pour le but adverse lui cause parfois quelques soucis dans le replacement. Le défenseur central Jon Jönsson est le taulier de l’arrière garde et a connu plusieurs partenaires tout au long de la saison dans la charnière. Sur le front de l’attaque, Lasse Nilsson et David Elm ont formé un duo intéressant, bien que très inconstant dans la finition, tandis que le jeune Viktor Claesson a pris du galon au fur et à mesure que la saison avançait, au point de devenir titulaire indiscutable.

    Elfsborg a cherché à construire un jeu au sol depuis des années, balayant d’un revers de la main les préjugés sur le football scandinave. Les dirigeants ont bien compris la philosophie des deux entraîneurs successifs et ont investi l’été dernier dans l’une des pelouses synthétiques les plus performantes au monde et leur ayant coûté plusieurs centaines de milliers d’euros. Sur cette pelouse, le club de Borås a marqué 39 de ses 59 points. Il n’en fallait pas plus pour que les mauvais perdants de l’affaire (Malmö, qui pouvait être aussi champion lors de la dernière journée) dénigrent Elfsborg en expliquant que le club avait remporté le championnat grâce à une pelouse synthétique que n’ont pas beaucoup de clubs (5 dans l’élite, essentiellement des « petits » clubs).

    Dans le jeu, Elfsborg propose un schéma intéressant : défense haute, explosivité sur les côtés, milieu axial tonique et technique, passes au sol, un attaquant capable également de prendre les ballons dans le jeu aérien (Elm) pour le dévier sur les ailiers, et un autre attaquant lui tournant autour (Nilsson). La complémentarité entre les deux attaquants n’est pas éclatante et je ne serai pas surpris que l’un des deux fasse les frais, la saison prochaine, de la montée en puissance de Claesson, plus technique, plus rapide et également meilleur finisseur.

    Enfin, dernier point important, la gestion financière et sportive du club. Comme il ne peut pas lutter avec les salaires mirobolants de certains gros clubs, à commencer par Malmö et l’IFK Göteborg, et comme le bassin de population de Boras n’est pas aussi profond que celui de Stockholm ou de la côte Est Malmö-Helsingborg-Göteborg, Elfsborg agit sur trois fronts : la formation de jeunes joueurs, la post-formation d’autres jeunes venant de plus petits clubs formateurs dont l’excellent IFK Värnamo, et enfin le rapatriement de joueurs suédois d’expérience évoluant à l’étranger. Ainsi, Elm (Fulham), Jönssson (Brøndby, ex-Toulouse), Nilsson (Vitesse, ex-ASSE), Svensson (Southampton), Ishizaki (Vålerenga) et Klartsröm (Esbjerg) sont tous revenus chercher du temps de jeu à Elfsborg, et n’en sont pas repartis car le club est ambitieux et gagne des titres. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter puisqu’il possède de très bons jeunes joueurs et les dirigeants signent des contrats de sponsoring toujours plus importants, leur permettant d’augmenter les salaires des joueurs indiscutables.

    Sportivement, le club de Borås vient de gagner son deuxième championnat en six ans, joue chaque année le titre et reste sur sept participations consécutives en Coupe d’Europe. Elfsborg est un exemple dont beaucoup de clubs suédois feraient bien de s’inspirer : projet sur le long terme, pas de dépenses excessives, investissement dans la formation, pas d’achats d’étrangers surcotés (sur 22 joueurs professionnels, 19 sont suédois, les trois autres viennent d’autres pays scandinaves) et une réelle ambition dans le jeu. Ce qui en fait tout simplement un magnifique champion d’Allsvenskan 2012.

    Svenska mästare 2012

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