• 21/05/2012 16:18 Billet Experts

    Auxerre-Montpellier arrêté, les raisins de la colère

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    L’objectif des ultras auxerrois était clair, comme le confirme Jonathan Ernie, président des Ultras Auxerre « contester nos dirigeants, mais aussi embêter tout le monde, la LFP*, Canal, etc. » Si, au pays du Chablis, l’AJA a raté son objectif de maintien, les Ultras ont réussi leur pari au terme d’une soirée un peu mouvementée, mais certainement pas aussi dramatique que ce que beaucoup essayent de faire croire.

    Allons bon, les supporters auxerrois, par leur comportement hier soir, seraient donc indignes de l’AJA? Leur mode d’action serait une honte pour le club? Pourquoi les journalistes qui s’en donnent à coeur joie ce matin, après avoir vomi leur haine de ne pas pouvoir suivre le multiplex C+ dans un timing à la seconde près sur toutes les pelouses hier soir, n’utilisent pas les mêmes qualificatifs pour ceux qui ont coulé le club, à commencer par Gérard Bourgoin et le collectif AJA 2015 (Maupoil, Roux, Hamel), ou encore les joueurs? Pourquoi protègent-ils leurs arrières quand ils touchent aux acteurs principaux mais n’hésitent pas à verser dans la haine et le mépris quand il s’agit des supporters? Qui est indigne? Les supporters auxerrois ou Willy Boly, qui au lendemain de la descente en Ligue 2 de son club formateur, affiche un grand sourire à l’entraînement et est même auteur d’un geste totalement déplacé? De quel côté est la honte? Faire arrêter un match ou provoquer le licenciement de dizaines de salariés par une gestion catastrophique et plus que douteuse (plongez-vous dans le recrutement, les pays d’où viennent les joueurs, le parcours de Bourgoin…)?

    N’est-il pas possible de comprendre le désarroi des ces 300-400 supporters, que l’on appelle ultras  (qui n’ont pas tous le crâne rasé cher Grégory Schneider) les plus fidèles, les plus ancrés dans la réalité territoriale, économique et sociétale de la ville? Et si c’était eux les vrais garants de l’identité d’un club? Une des formules préférées de ces ultras est « les joueurs passent, le club reste ». Mais que reste t-il de l’AJA? Gérard Bourgoin a t-il oeuvré pour le bien de l’AJA cette saison? Guy Roux ne joue t-il pas un double jeu (et « je ») dangereux à vouloir être le seul qui aura réussi à faire triompher l’AJA? Cette lutte de pouvoir synonyme de lutte d’égo a conduit le club en Ligue 2. Et c’est bien ce que voulaient dénoncer les ultras auxerrois hier soir : trente-deux ans d’élite brûlés en dix mois par la bande à Bourgoin.

    Les ultras auxerrois ne voulaient pas fausser le championnat, pas embêter Montpellier ni l’empêcher  d’être champion. Les ultras ont ruiné la fête des montpelliérains? A en voir les célébrations du titre sur la pelouse, on en doute. Et si le MHSC a réalisé un match très moyen, c’est par la peur logique de l’enjeu, pas par l’action des ultras. Et puis, revenons sur le mode d’action. Jeter des balles de tennis sur la pelouse, ça fait marrer tous les journalistes français quand cela se passe à Bâle, mais hier, non, car c’était soir de multiplex. Jeter des rouleaux de papier toilette sur le but adverse, c’est chouette et folklorique en Argentine pour ces mêmes personnes, mais honteux hier soir, car c’était jour de multiplex, et Canal ne pourrait pas user du mode « double fenêtre » pour montrer la joie montpelliéraine d’un côté, la tristesse parisienne de l’autre. Oui, le multiplex est conçu pour être dramatique et les télespectateurs adorent cela, mais quelques passionnés du club ajaïste sont venus gripper cette belle mise en scène.

    Avez-vous vu des scènes de violence hier soir? Pas une seule. Y-at-il eu des arrestations? Non. Avez-vous vu un supporter descendre sur la pelouse? Pas un. Avez-vous vu un joueur montpelliérain pris à partie? Au contraire, Jourdren est venu discuter calmement avec quelques-uns d’entre eux avant de les quitter par une poignée de mains. Les tomates et les balles de tennis n’ont pas été lancées sur les joueurs adverses mais dans la surface pour faire arrêter le match.

    Jonathan Ernie confirme avoir reçu des tas de proposition de la part de ses membres pour le match, il a retenu les plus créatives, les plus originales et les moins violentes. Ils savaient qu’ils s’exposeraient à des sanctions, en agissant à visage découvert, mais c’est le prix de la passion. Celle qui vous bouffe. Celle qui vous coûte souvent très cher pour peu de satisfaction. Celle qui vous pousse à perturber un match alors même que vous êtes un amoureux du foot. Celle d’un amour véritable que rien ne pourra perturber.

    Car même si Auxerre sombre en Ligue 2, les ultras auxerrois seront présents. A Châteauroux, à Sedan et à Istres. Ils continueront à rentrer à l’aube et à filer directement au boulot. Pas de jet privé, pas de petits fours dans l’espace VIP, pas de gueuletons au frais de la princesse AJA, rien que de la dévotion par passion…

    * beaucoup à Auxerre pensent que le club a été pénalisé pour les actions antérieures de Bourgoin et Fournier (commission sur les erreurs d’arbitrage).

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  • Je suis d’accord avec toutes les critiques émises sur la gestion de l’AJA, d’accord avec ton regard sur les saintes-nitouches de journalistes sur les évènements d’hier. Par contre, je suis absolument contre la république des supporters. Même si ce n’est pas le cas hier soir, elle ouvre souvent la porte à des manifestations disproportionnées pour ce qui reste selon moi, complètement anecdotique au regard de l’histoire d’une ville, d’une société, voire d’une humanité. En d’autres termes, je considère qu’un supporter ultra qui se manifeste hier à l’abbé Deschamps, a nécessairement mieux à faire et je doute qu’il le fasse jamais.
    L’amour du foot est un super divertissement, une raison de vivre peut-être. Mais ça ne change en rien la vie. Ce qui est dommage c’est de voir que les ultras ont une capacité d’action qu’ils (ceux que je connais) ne mettent que très rarement au service du changement, du progrès social, etc.